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l’optimisme est une ressource en temps de crise




(...) Le confinement nous oblige à fermer les vannes de la satisfaction immédiate et nous fait vivre de la frustration. Notre cerveau est donc mis à rude épreuve en ce moment. Il dépense beaucoup d’énergie pour contrôler nos pulsions. C’est actuellement la mission de notre cortex préfrontal qui fonctionne en permanence pour maîtriser nos comportements.

Etre confiné.e seul.e peut être une expérience très difficile à vivre et peut même conduire à une dépression. Le besoin de contact physique est un besoin fondamental de l’être humain. Des études ont démontré que les personnes hospitalisées ressentaient moins fortement la douleur que celles qui ne bénéficiaient pas d’un contact physique. Notre cerveau humain a évolué à travers les âges, grâce à la relation à l’autre. D’ailleurs, des études ont montré que la privation de contacts sociaux agit sur la même zone du cerveau que celle activée durant la privation de nourriture.


L'optimisme est une compétence qui s'apprend, en s'entrainant !

(..) L’optimisme est une ressource en temps de crise et la bonne nouvelle, c’est que c’est aussi une compétence qui s’apprend. Le père de la psychologie positive, le psychiatre américain Martin Seligman, a identifié que l’habitude de se sentir reconnaissant pour ce qu’on a déjà, ou encore le fait de remettre en question les pensées négatives que l’on rumine, aident à renforcer l’optimisme.

(L’incertitude agit en général comme un signal d’alarme dans le cerveau, en libérant l’hormone du stress dans l’organisme, et crée du mal-être. Le seuil d’intolérance à l’incertitude varie d’une personne à une autre. (...) L’action soulage le stress. La soustraction mentale peut aussi aider l’esprit miné par l’incertitude. Il suffit de s’imaginer dans une situation bien pire pour changer de perspective. Cela permet d’apprécier davantage ce qu’il y a de positif dans son présent.


(...) Nous voilà obligés de ralentir car les stimulations du quotidien ont diminué. Cela peut être une chance de redécouvrir certaines sensations oubliées. Les odeurs des fleurs, les sons du quotidien sont amplifiés par notre cerveau dans un contexte de pénurie de stimuli. C’est une opportunité de redécouvrir son environnement avec un regard neuf. (..) Notre besoin de sens est un besoin tout aussi important que nos besoins vitaux, matériels. 

Le besoin de se sentir appartenir à une destinée humaine, en y contribuant de manière utile, peut nous faire expérimenter un bonheur plus durable et profond que la simple satisfaction de désirs immédiats. Une partie de l’humanité privée de la dopamine libérée par le striatum, par le simple fait de consommer, pourrait se tourner vers une autre recherche, plus intérieure. 



entretien avec Sébastien Bohler docteur en neurosciences et rédacteur en chef du magazine Cerveau et Psycho ( lire l'article initial)

À lire :Le Bug humain, pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l’en empêcher ? Editions Robert Laffont.


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