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LA SPIRITUALITÉ TRANSFORME LE CERVEAU

Méditation et prière semblent être des pratiques plutôt passives, alors qu’en fait elle activent fortement certaines zones cérébrales. Avec de l’entraînement, ces pratiques sont même capables de créer de nouvelles connexions entre les neurones.


La plupart du temps, la prière se construit à travers un dialogue. Lorsqu’une personne prie, elle entre en relation avec "le Divin" et fait donc intervenir le langage. Cette particularité se reflète sur l’activité cérébrale. Jacques Besson, professeur honoraire à l’Université de Lausanne, a beaucoup étudié ces mécanismes. Il est l’un des très rares spécialistes au monde en neurothéologie, une science émergente qui s’intéresse au fonctionnement du cerveau lié à des expériences qualifiées de «religieuses».  A l’aide de l’imagerie médicale, lui et ses confrères ont ainsi pu observer que «lorsqu’un sujet est en prière, les régions de son cerveau liées à l’orientation spatiale ont tendance à être inhibées. En revanche, grâce au langage, plusieurs autres régions cérébrales, en particulier celles liées au relationnel, sont fortement mobilisées».

le neuroscientifique Mario Beauregard a demandé

à quinze Soeurs carmélite de prêter leur concours

à une expérience scientifique.


Des scientifiques de l’Université de l’Utah aux États-Unis ont montré dans une étude publiée dans la revue Social Neuroscience que les sentiments religieux activent le circuit cérébral de la récompense. Les circuits cérébraux activés par la prière sont les mêmes que ceux stimulés par la musique, le sexe ou la nourriture. «Lorsqu’une personne prie intensément, son cerveau peut sécréter des endorphines», confirme le Pr Besson. Des propriétés utilisables en médecine, notamment pour combattre une addiction. Les alcooliques anonymes, par exemple, ont recours à une prière de sérénité en fin de réunion. «Cela permet d’accepter ce qui ne peut pas être changé, se donner le courage de changer ce qui peut l’être et acquérir la sagesse de faire la différence entre les deux», détaille le spécialiste.


On connaissait déjà par l'utilisation de l'IRM les fonctionnements cérébraux des sujets en méditation. Des données ont été relevées grâce à des moines bouddhistes, particulièrement entraînés à l’exercice méditatif. Les scientifiques ont découvert que certaines zones de leur cerveau s’activaient de manière plus intense que chez les personnes tout venante.

Certaines zones du cerveau comme celle de l’attention, de la régulation des émotions ou encore de la conscience corporelle sont plus activées que chez les personnes qui n’ont jamais médité. L’amélioration de la capacité d’attention est d’ailleurs le premier bénéfice de la méditation de pleine conscience (mindfulness). La bienveillance, l’acceptation, la confiance ou encore la patience sont autant de compétences qui peuvent être développées grâce aux pratiques méditatives.


«Le 20e siècle est caractérisé par un courant très réductionniste, souligne Jacques Besson. Pour de nombreux scientifiques de cette époque, la théologie ne serait qu’un simple besoin psychique.»

Les premiers travaux concernant l’influence de la méditation sur le cerveau remontent aux années 1950. Les scientifiques se sont alors intéressés à des praticiens expérimentés du Yoga en Inde. Puis, dans le courant des années soixante dix, la rencontre entre méditation et neurobiologie s’est intensifiée. Des scientifiques collaborent notamment avec le Dalaï Lama, et fondent en 1990 Mind & Life, une association qui explore la relation entre la science et le bouddhisme. Leurs études permettent de donner un éclairage scientifique aux expériences subjectives liées à la spiritualité.


Ces pratiques n’ont rien d’une «pilule miracle». Dans la prière comme dans la méditation, une pratique régulière est indispensable pour engendrer des effets bénéfiques.


La plasticité cérébrale est comme un muscle: pour créer de nouvelles connexions entre les neurones, il faut s’entraîner à la spiritualité.

(lire l'article dont est tiré le post)


Cycle de printemps de méditation pleine conscience à Chartres

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© 2020  laetitia Veyron